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Séance #3 "La mobilité" du cycle de webinaires "Une écologie des éléments urbains"

Publié le 9 avril 2021 Mis à jour le 9 avril 2021

L’écologie constitue à la fois une perspective de recherche, qui recouvre différentes approches théoriques et méthodologiques (comme en témoignent les notions de métabolisme, d’écosystème...), et un enjeu politique majeur des sociétés contemporaines. Comme perspective de recherche, l’écologie invite à considérer les relations entre les dimensions physiques et sociales des environnements : elle s’intéresse aux différents éléments, ressources ou matériaux qui composent un milieu, autant qu’aux relations que les acteurs qui habitent ces milieux entretiennent avec ces derniers. Si la transition écologique des sociétés urbaines représente aujourd’hui un enjeu politique fondamental, cette perspective souligne la nécessité de prendre en compte l’interdépendance entre ces dimensions constitutives des environnements : la défense du milieu de vie au sens écologique et la reconstitution d’un monde vécu se conditionnent et se soutiennent l’un l’autre. (André Gorz, 1992).

Comment dès lors l'écologie peut-elle informer l’action publique et guider une politique de transition - a fortiori dans le contexte de Bruxelles et de son développement urbain ?

Dans la continuité du cycle Urban Ecology du Metrolab, ce webinaire visera à mieux comprendre les relations entre différents éléments qui composent les environnements urbains, et les pratiques et engagements des acteurs à leur égard.

Penser les éléments urbains en arrière-plan ou comme points de départ pour lire de nouveaux schémas de relations, permet de déconstruire, décomposer, simplifier et réinterpréter ces éléments qui deviennent aujourd'hui les protagonistes d'écologies en constante évolution: eau, matière organique, sol, espaces publics, mobilité et bâti.

Chaque séance abordera ces écologies à partir d’une entrée par un élément fondamental des environnements urbains et adressera les questions suivantes :

1- Quelles interactions et interdépendances peut-on observer entre ces éléments, et les pratiques des acteurs ? Quelles formes d’engagement développent-ils à leur égard?
2- Comment les acteurs s’approprient-ils ces éléments, matériaux et ressources qui constituent leur environnement ?
3- Comment la prise en compte de ces relations entre acteurs et éléments urbains invite-t-elle à questionner l’action publique, et à informer une politique de transition ?

Pour aborder ces questions tout en renforçant les synergies entre recherches et politiques urbaines à Bruxelles, des recherches appliquées menées actuellement sur les enjeux écologiques au sein du Metrolab et des centres de recherche associés seront présentées lors des différentes séances de ce cycle de séminaire, et discutées par des chercheurs et des praticiens bruxellois travaillant autour des enjeux d’écologie politique.

Cette troisième séance qui aura lieu le jeudi 22 avril 2021 de 14h30 à 16h30 sera dédiée à la mobilité, avec des interventions de Nadia Casabella et Claire Pelgrims, respectivement enseignante et chercheuse post-doctorante de la faculté.

Les enseignements de l'écologie politique invitent les études de mobilité à reconsidérer les infrastructures dans une perspective de transition durable. D'un côté, réinvestissant la question des infrastructures mobilité en s'éloignant de la dialectique im|mobilité, certaines approches récentes se basent sur la théorie des ambiances pour mieux prendre en compte les relations sensibles et affectives que les acteurs entretiennent avec celles-ci. Ces approches documentent la qualité ambiante (temporalité, rythme, matérialité...), les dé|plaisirs et les résonances affectives entre infrastructures, environnement, véhicules et corps en jeu dans les processus continus de transformation des pratiques, équipements et infrastructures de mobilité. La première présentation de cette séance introduira une nouvelle recherche portée par le laboratoire Sasha (ULB) sur le genre et l'esthétique du vélo. Se détachant d'une perspective rationaliste de l'éthique, cette recherche fait l'hypothèse que la disposition des gens à développer une "sensibilité ambiante", à "résonner" avec les matérialités quotidiennes et le paysage, peut être déployée à travers l'assouplissement des normes de genre pour stabiliser la mobilité vélo comme alternative durable à l'automobilité.

De l'autre, certaines approches nuancent l'importance donnée aux infrastructures de mobilité dans la transition mobilitaire et se concentrent sur les changements de comportements et leur rationalité. La seconde présentation reviendra sur la recherche appliquée "Mobile autrement" menée par 1010 architecture urbanisme à Merelbeke, une municipalité située dans la région métropolitaine de transport de Gand, dont l'organisation spatiale peut être considérée comme représentative de «l'héritage notoirement anti-urbain de l'étalement urbain qui a façonné la région flamande» (Dehaene, 2019). Il s'agit d'un projet-démonstration dans le cadre du Plan Stratégique Spatial de la Flandre Orientale. La présentation montre qu'il n'y a pas de forme urbaine mieux adaptée pour stimuler une évolution des transports vers des formes plus durables (y compris l'immobilité), mais surtout des aménagements partiels qui semblent suffisamment pratiques pour être largement adoptés. Et elle conclut que la transition que ces arrangements partiels permettent ne dépend pas seulement des initiatives gouvernementales, mais aussi de l'effet combiné d'une multitude de pratiques individuelles et collectives.


mobilité
 
Date(s)
Le 22 avril 2021
Lieu(x)

Plateforme Teams.