PRÉAMBULE

ACT est un environnement pédagogique qui place au cœur de ses préoccupations des expériences artistiques, corporelles et transdisciplinaires.
ACT vise à l’exploration d’une série de thématiques, et plus particulièrement aux relations qu’elles peuvent entretenir entre elles, sur un territoire localement situé, proche et accessible, contenant un cours d’eau naturel d’importance moyenne ou modeste.
ACT travaille toujours sur des questions ouvertes, vastes et actuelles en tenant compte du rapport entre l’architecture et les usagers et en mettant au jour le pluralisme des vivants.
Actes – apprentissage – dessin – discipline – eau – échelle – écoumène – écosystème – écriture – espace – immersion – inclusion – local – milieu – partage – paysage – philosophie – plaisir – réseau – territoire – urbanisme – vivant

THÉMATIQUES

Trois thématiques sont spécifiques et récurrentes à l’atelier ACT : l’Art, le Corps et la Transdisciplinarité. Chaque année, l’atelier accueille une discipline connexe à l’architecture afin d’alimenter les débats, nourrir la réflexion et confronter les sujets. A cette transversalité s’ajoute la définition d’un sujet spécifique qui nécessite une démarche active et engagée de la part des étudiant.e.s. Il s’agit de définir et d’identifier les outils nécessaires à son développement dans le projet.

Ar(t)chitecture
ACT propose de s’intéresser et de s’inscrire dans une culture architecturale contemporaine plus grande en manipulant et en créant du lien avec l’art. Cette relation est recherchée et poussée tout le long du processus de recherche via une attention portée à la production de matériels personnels, sensibles et objectivables (dessins, vidéos, sons, maquettes, vidéos, courts-métrages, performances, etc...), permettant une expérimentation des moyens de (re)présentation classique du projet d’architecture. Il s’agit de manipuler d’autres outils de recherche et de communication que ceux spécifiques à la discipline architecturale afin de permettre une production qui réponde aux spécificités du projet. Cette approche est permise grâce à l’apport unique de personnes extérieures, exerçant une discipline artistique, en lien à la thématique de l’année en cours, permettant d’ouvrir et approfondir le champ de la réflexion.

Corps
ACT souhaite inviter les étudiant.e.s à redécouvrir la création d’espaces et la notion de mesure à travers le corps multiple et à travers ses relations avec son espace biologique, chimique, physique, psychique, normé, a-normé, agité, au repos, athlétique, grabataire, fantasmé, animal, humain, végétal, domestique, sauvage, etc.
Cette approche par le corps intervient le plus en amont possible du processus de recherche au travers de 3 modes d’explorations : l'enquête sur le territoire au travers de la marche exploratoire et des expériences physiques in situ; des recherches, questionnements et provocations du rapport corporel avec son espace de travail, l’atelier ; et finalement l’intégration et la (re)présentation des corps multiples dans le projet d’architecture.
Marche exploratoire et pratique du territoire
L’atelier propose d’initier le projet par un travail qu’enquête qui permet de questionner, de pratiquer et d’éprouver, au sens propre comme au figuré, le territoire donné au travers de marches exploratoires (diurnes et/ou nocturnes). Ces marches permettent d’établir des diagnostics de terrain participatifs en arpentant un territoire, un quartier ou une rivière. L’objectif est d’identifier, de définir et d'établir d’une série de protocoles d’exploration et de traçabilité du territoire, qui aillent au-delà de la lecture et de la représentation cartographique géométrales classiques qui privilégient les mesures exactes, les distances et les proportions à l’échelle, pour permettre une lecture plus complète du territoire, de ses paysages, de ses interstices et du temps à travers la mesure humaine.
Ce travail d’enquête se complète par des expériences physiques et performatives collaboratives in situ dans une zone prédéfinie du territoire, permettant d’approfondir la compréhension des relations spatiales et de compléter et confronter les éléments récoltés par la marche par une expérience kinesthésique des lieux.
Ces protocoles et expériences peuvent prendre des formes diverses. Par exemple, et de manière non-exhaustive, la proposition peut consister en une prise de contact avec des usagers et/ou habitants du territoire avec comme outil de restitution le roman photos ou la planche BD, elle peut aussi prendre la forme d’un lexique, de listes, de récits d’expériences, de dessins assemblés, de cartes participatives et sensibles, d’inventaires, d’atlas, de photographies, etc. ayant toutes en commun d’être le moteur d'une exploration de la notion d’enquête.
L’espace de travail direct
L’espace collectif de l’atelier ACT est utilisé comme un environnement permettant de questionner les postures du corps en tant que concept vivant et physique, modelé par l’interaction et les interventions humaines. Au travers de chaque type et mode d’intervention et rencontre extérieure, ACT pose des réflexions sur la manière dont elles peuvent façonner et impacter l’espace de l’atelier et ses participants. L’atelier peut dès lors prendre la forme d’un lieu de production/atelier, d’un club de lecture, d’une salle de conférence, etc.…en questionnant toujours les postures d’enseignement, la mise en activité et l’autonomie.
Les corps multiples
L’atelier ACT pousse les étudiant.e.s à s’intéresser et à (re)présenter l’ensemble des facettes et des réalités qui varient selon le contexte du corps. Le corps contemporain, le corps vivant, le corps humain, le corps physique, le corps civique, le corps conditionné, le corps normé, le corps social et politique, le corps malade, dysfonctionnel, sa mesure, son identité́, etc.… seront travaillés comme matière première dans la conception du projet.

Transdiscipline
Travailler de manière transdisciplinaire, plutôt que pluridisciplinaire, avant d’être une évidence est une nécessité pour l’atelier ACT. C’est d’autant plus important dans le cas d’études de territoires confrontés à des problèmes de plus en plus complexe aussi bien socialement, urbanistiquement, spatialement, écologiquement, qu’administrativement.
Il nous semble dès lors nécessaire de compléter nos recherches, de nourrir nos analyses et d’enrichir nos perspectives au travers du regard croisé d'autres disciplines, extérieures à l’architecture (cinématographique, picturale, photographique, littéraire, artistique, scientifique, anthropologique, économique, historique, etc.) et en rapport étroit avec les thématiques de l’année académique afin de confronter les cultures et les expertises, de porter une posture scientifique et intellectuelle et d’enrichir la compréhension globale des thématiques et des territoires étudiés.
Cette transdisciplinarité prend la forme d’interventions et de rencontres au sein et en dehors de l’atelier, d’enseignants issus d’autres institutions et aussi de professionnels exerçant un métier lié à la thématique de l’année en cours.

Bureau Bas Smets, & LIST (2016). Welk ‘metropolitan landscape’ voor Brussel en de rand ?, dans J. Mabilde & E. Vanempten (Éds.), Metropolitan Landscapes, Vlaams Bouwmeester / Labo Ruimte, p42.

Dates
Créé le 11 septembre 2023